Afi Nafissy

Afi Naffissy, native de Téhéran, découvre la Suisse pour la première fois à l’âge de dix-sept ans. Elle retourne en Iran six mois plus tard mais décide finalement de quitter son pays d’origine afin de s’établir en Suisse.
Au début de sa carrière, elle dessine essentiellement des portraits et des nus au fusain ainsi qu’à l’encre de Chine. Il y a une douzaine d’années, elle connaît une véritable révolution intérieure qu’elle doit à la lecture et à la redécouverte des poèmes de Rûmi, l’illustre écrivain persan du XIIIe siècle, fondateur de l’ordre des Soufis de Mevlevi et des derviches tourneurs de Turquie. Depuis bientôt un millénaire, les poèmes de Rûmi fascinent car ils touchent les lecteurs de tous horizons en parlant essentiellement de la spiritualité, de la relation amoureuse et de la condition humaine. Par ailleurs, ils sont un reflet de l’antique civilisation persane, de la religion zoroastrienne et de la mystique soufie :

« Ton amour me fait résonner comme une orgue.
Et mes secrets se révèlent sous la touche de ta main.
Tout mon être exténué ressemble à une harpe.
À chaque fibre que tu touches, je gémis. »

Depuis le jour de cette révélation, un défi s’est imposé à Afi Nafissy : imaginer des équivalences picturales à cette forme de poésie qui a traversé les siècles. Sans doute fallait-il une intense communion d’esprit pour oser cette aventure. Ou peut-être faut-il considérer que le grand poète a choisi dans notre époque lointaine l’âme d’une artiste capable de donner forme picturale à quelques-uns de ses textes illustres.

FERMER